Qu’est-ce qu’Improvie n’est pas

Improvie n’est ni un cours de théorie musicale, ni un cours de technique vocale. J’aurais pourtant aimé intégrer ces choses dans la formation, mais le programme est déjà tellement vaste que j’ai fait des choix.
Certaines notions de théorie musicale concernant l’harmonie et le rythme sont abordées dans la formation afin de donner du sens à ce qu’on travaille, mais j’ai volontairement simplifié et adapté ces notions afin de les rendre plus accessibles et plus cohérentes avec le reste du modèle, il y a donc finalement peu de vocabulaire commun entre un cours Improvie et un cours de formation musicale. Aucune notion de théorie musicale n’est nécessaire pour entrer dans la formation, mais il me semble important de préciser aux néophytes que ce n’est pas dans Improvie qu’ils vont apprendre la théorie musicale « classique », Improvie ayant son propre vocabulaire et son propre modèle théorique.
La technique vocale non plus n’y est que très peu abordée et on ne retrouve par exemple aucun exercice issu de la TCM que j’enseigne par ailleurs. Certains exercices d’Improvie font travailler le volume, les nuances, le timbre et l’articulation, mais rien visant à « équilibrer la voix », par exemple pour être plus stable dans les aigus, moins forcer ou mieux gérer son souffle.

Improvie n’est pas un groupe ou une chorale, c’est une formation, un espace essentiellement dédié à l’apprentissage. Par conséquent, les « concerts » donnés en public, le plus souvent en extérieur au mois de juin, sont peu nombreux et ne sont quasiment pas préparés en amont, l’idée étant simplement de s’exposer à un public en faisant ce qu’on fait habituellement quand on pratique. Et non seulement on se produit peu devant un public, mais même entre nous, on ne pratique pas énormément ensemble sans être dans une optique d’apprentissage : généralement pas plus d’une vingtaine de minutes par cours sauf quelques cours exceptionnels et quatre ou cinq soirées de pratique de l’année. Bien sûr il y a le travail régulier chez soi au looper, mais au niveau collectif cela peut être frustrant pour ceux qui ne prennent pas l’initiative de pratiquer davantage en collectif. Il est donc recommandé de pratiquer en dehors de la formation afin de profiter des fruits de l’apprentissage qu’elle propose, en créant un groupe régulier avec des membres de sa promo (ou des autres promos), ou en organisant régulièrement des séances collectives chez les uns ou chez les autres, par exemple.

Improvie n’est pas une thérapie. Cela peut y ressembler dans le sens où l’on est amené à parler intimement de soi durant les partages de ressenti, à éprouver et exprimer des émotions parfois très intenses durant la pratique, à découvrir et travailler nos difficultés et limites notamment relationnelles (oser s’affirmer, s’exposer, demander, refuser et recevoir un refus, etc)… c’est dans ce sens qu’Improvie comporte une dimension de développement personnel et de nombreuses personnes témoignent des effets positifs d’Improvie dans leur vie et dans leurs relations. Cependant ce travail parfois assez intime et profond n’a pas que des effets agréables, et il sera plus ou moins déséquilibrant en fonction d’où en est chaque personne avec les différents aspects du travail. Dans le meilleur des cas, les personnes vivront seulement quelques moments de perte de repères et d’inconfort, dans le pire des cas elles pourront avoir des réactions très intenses quand le travail vient par exemple stimuler des blocages dus à des blessures du passé ; dans ce cas-là on arrête immédiatement l’exercice, étant donné que je ne suis pas compétent pour accompagner les gens à ce niveau-là et que le but d’Improvie n’est de toute façon pas thérapeutique.

Improvie n’est pas non plus un loisir de divertissement, vu que la formation demande un fort investissement, y compris en dehors des cours.